Comment
vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me
nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez,
brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je,
« il
« Vos habits sont mouillés », dis-je,
« il faut les étendre ,
Devant la cheminée. » Il s'approcha du
feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
Étalé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé
D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,
Je songeais que
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations.Je cognai
sur ma vitre...
Victor HUGO |